Yoga du Son & Yoga des Doigts (yoga mudra)

Yoga du Son & Yoga des Doigts (yoga mudra)

Dans leur globalité, les traditions liées aux yogas venus d’Orient sont des pratiques qui répondent à une recherche d’équilibre, de discipline pour un mieux-être au quotidien, qu’on les associent à un cheminement spirituel ou à un développement personnel. Au delà des apparences, elles s’appuient sur une symbolique profonde liée à un art de vivre certain. Les deux yogas présentés ont ceci d’original qu’ ils se combinent avec fluidité tout en étant efficaces et accessibles de suite.

Le yoga du son

Le yoga du son est une pratique vocale et sonore aussi vieille que le monde, restée vivace principalement en Asie centrale (Tibet, Mongolie, Népal). Elle s’est répandue en Occident ces dernières décennies, en particulier suite à l’intérêt croissant du public qui découvrait la magie des bols chantants associée aux chants des moines tibétains. Bols et voix aux vertus sonores aussi étranges, envoûtantes qu’inattendues, utilisés en particulier pour la méditation et porteurs d’un mystérieux pouvoir de guérison.

Votre voix sait qui vous êtes

Dans le cours de yoga du son, nous associons à la voix le bol chantant, qui est un amplificateur de résonances incomparable, accompagné de temps en temps par les rythmes du tambour. Le chant des voyelles représente pour la voix ce que sont les couleurs pour l’arc en ciel. Pour qui apprend à regarder ou à écouter profondément les leçons de la Nature, l’arc en ciel apparaît comme par magie sous certaines conditions apparemment incompatibles, soleil et pluie se produisant alors simultanément. Il en est de même pour les harmoniques du son. Tout comme les bols, la voix produit des harmoniques, qui sont en quelque sorte les sons cachés ou non révélés, qui proviennent des sons chantés proprement dits. C’est pourquoi il ne s’agit pas ici d’apprendre à chanter – car il est inutile d’avoir appris à chanter pour pratiquer le yoga du son – mais de considérer la voix comme un outil d’investigation à l’intérieur de soi.

On peut chercher à partir d’un son de base tenu, comment produire en même temps ses harmoniques sur plusieurs hauteurs.
C’est la raison pour laquelle on appelle aussi le yoga du son chant harmonique ou chant diphonique – ce qui signifie chanter deux sons simultanés – car il s’agit justement de révéler les harmoniques d’un son donné, qui à priori sont inaudibles. Cela peut paraître peu évident; pourtant le simple fait déjà de chanter ensemble un même son génère une multitude de partiels de ce son qui résonnent alors par sympathie à d’autres fréquences qu’il est intéressant de décrypter, en affinant progressivement l’oreille.
C’est la même chose pour le bol chantant, on a vite compris qu’il produit 2 ou surtout 3 sons simultanés – quand il est de qualité – et qu’il est un outil extraordinaire pour ouvrir les sens à d’autres fréquences, couplé à la voix. Ce qui est étonnant par ailleurs, c’est que la gerbe des harmoniques de la voix va toujours dérouler ses intervalles dans le même ordre, quel que soit le son chanté, révélant alors un univers sonore parfaitement mathématique qui s’ordonne avec les lois universelles de la Nature et du Vivant. Dans le voyage sonore, nous ignorons « ce qui va sortir » de nous, il s’agit ni plus ni moins à chaque fois d’un moment de créativité qui s’aligne sur ce qui est nécessaire au moment où cela se produit, pour chacun comme pour tous.

Le son est source de bienfaits

Le principal intérêt du yoga du son, c’est à l’évidence le pouvoir du son, car il est conducteur d’une énergie puissante qui agit de suite et renforce les intentions placées dans son substrat vibratoire. Les expériences partagées au cours des voyages, massages ou bains sonores ouvrent un espace à l’intérieur de soi, apportant ses bienfaits en cascade : libération de la notion du temps, respiration complète et allongement du souffle, apaisement du contrôle par le mental, concentration et affinement des perceptions. Les vibrations des sons, canalisées par l’intention, vont faire circuler l’énergie informée à d’autres niveaux. Le royaume du chant harmonique, porteur d’une indéfinissable beauté, est en lien avec d’autres plans, qu’aucun mot ou texte ne pourraient faire ressentir autrement que par l’expérience vécue.

Le yoga des doigts ou yoga mudra

Avoir le cœur sur la main

Terme sanskrit – langue ancienne de l’Inde – signifiant signe ou sceau, les mudras étaient transmises par initiation, en particulier dans les milieux religieux. Aux temps les plus reculés, elles font référence à une gestuelle des yogis ou des prêtres de l’école védique et font toujours partie des rituels de la danse en Inde; la statuaire bouddhique les représente en abondance; on en trouve sur des enluminures de manuscrits grégoriens. En fait, elle sont le langage symbolique des mains que nous avons exprimé dans l’art par la danse, le chant, la sculpture, la peinture et dans les rituels des différentes traditions du monde.

Les mudras sont des postures énergétiques qui s’adressent aux plans physique, émotionnel, mental ou spirituel. Avec un peu de pratique, il est possible d’entretenir ou de restaurer sa santé physique, ou encore d’évoluer dans ses schémas de pensée. Pour ne citer que quelques uns de leurs bienfaits, les mudras améliorent les schémas respiratoire, digestif, circulatoire, la gestion du stress et des émotions, stimulent la créativité ou encore apportent le calme intérieur.

Dans la vie courante, toute posture – attitude des doigts effectuée inconsciemment est un langage qui exprime un état que l’on vit qui pourrait se traduire par « quelque chose » à résoudre. A l’inverse, si l’on effectue en conscience une mudra, cela peut permettre par le ressenti d’en faciliter la compréhension puis l’intégration vers un objectif donné. Pour aider à comprendre ou à résoudre une situation, si l’on devient attentif et donc conscient de son geste, on peut déjà placer la mudra que l’on a réalisée par automatisme sur le plexus solaire, dans la région du chakra du coeur. En effet, le coeur et les mains sont liés par l’intelligence du coeur; on connaît bien l’expression « avoir le coeur sur la main ». La mudra permet donc de veiller sur soi.

Votre avenir est entre vos mains

L’avenir se construit au présent. Toute mudra devient posturale quand les mains sont en place. Il est nécessaire d’ajuster le geste sur la structure pour qu’il passe, afin d’intégrer la posture adéquate. C’est en cultivant la sensibilité qui passe par l’écoute fine du ressenti qu’on va pouvoir installer cette synergie. Cette conscience par les mains, qui sont nos outils privilégiés, sera d’autant plus efficace si nous observons au fur et à mesure ce qui se passe en nous afin d’adapter la pratique au rythme de notre cheminement intérieur. L’énergie de transformation véhiculée par la mudra peut aussi être dirigée vers autrui et à distance, comme un reiki.

Les mudras seront exécutées lentement, avec les doigts, les poignets et les bras souples, que l’on soit debout, assis ou même allongé ; il suffit d’agir selon son intention dans la situation qui se présente. Par ailleurs, une mudra pourra s’accompagner d’un mouvement des mains ou non ; tout dépend de l’usage que vous voulez en faire. Par exemple certaines mudras plus propices à la méditation n’ont pas la nécessité d’être mises en mouvement ; d’autres dirigées vers un soin du corps physique le demandent. Laissez vous guider selon votre intuition; telle ou telle par exemple pourra vous plaire par l’esthétique de la posture, telle autre parce qu’elle produit un effet que vous ressentez ou parce qu’elle répond à une indication qui vous semble utile pour votre évolution…Vous touchez des circuits subtils et l’énergie mise ainsi en mouvement aura toujours un impact bénéfique tant que le plaisir de jouer avec vos doigts sera au service de votre nature véritable.

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